Impression 3D et métiers d’art : visite chez SYOS

Écrit par La Biche-Renard

Publié le 27 juillet 2026

Et si l'impression 3D n'était pas l'ennemie des savoir-faire manuels, mais leur meilleure alliée ? De plus en plus d'artisans franchissent le pas — et les résultats sont bluffants.

Dans notre dernier reportage, on vous emmène chez SYOS : impression 3D et métiers d’art réunis autour d’un produit inattendu, le bec de saxophone sur mesure. Un bel exemple de ce que la technologie peut apporter aux savoir-faire manuels.

Et ici, on ira un plus loin car d’autres métiers d’art ont aussi franchi le pas, avec des résultats tout aussi bluffants.

SYOS : impression 3D et métiers d’art au service de la musique

Fondée il y a dix ans à Paris par Maxime Caron et Pauline, SYOS est née d’une thèse et d’une obsession : trouver le bec de saxophone parfait. L’idée ? Utiliser des outils de conception assistée par ordinateur pour concevoir des becs entièrement sur mesure, imprimés couche par couche.

Aujourd’hui, l’atelier du 11e arrondissement produit jusqu’à 500 pièces par semaine. Chaque bec est modélisé sur SolidWorks et imprimé dans un matériau médical grade développé dans le nord de la France — non cytotoxique, disponible en dix coloris exclusifs. La géométrie n’est pas anodine : une surface plus angulaire produit un son puissant, une courbe plus douce donne un timbre feutré. Des choix de lutherie, pris au millimètre.

SYOS co-conçoit aussi des produits avec des musiciens. Leur bec bicolore, imaginé avec le saxophoniste Patrick Bartley, en est la preuve. La commande d’un client américain souhaitant un motif personnalisé ? Conçue et expédiée en moins de 48 heures.

D’autres métiers d’art qui ont déjà franchi le pas

SYOS n’est pas un cas isolé. En France, plusieurs artisans ont intégré l’impression 3D à leur pratique, sans renoncer à leur savoir-faire.

violon imprimé en 3d

(crédits photo : 3Dvarius)

En lutherie, Laurent Bernadac — violoniste et ingénieur diplômé de l’INSA Toulouse — a cofondé 3Dvarius et conçu le premier violon électrique imprimé en 3D. Transparent, inspiré du Stradivarius, fabriqué à Colomiers et Decazeville : l’ensemble est pensé et produit en France, à raison d’une centaine d’instruments par an. Un projet qui mêle précision d’ingénieur et sensibilité de musicien. (Source : Primante3D, 3Dnatives)

En bijouterie, la créatrice parisienne Caroline Auraix utilise la technologie SLS — frittage sélectif par laser — pour produire des bijoux en nylon à mi-chemin entre l’objet à porter et la sculpture. Elle travaille avec Rhinoceros 3D et obtient des formes impossibles à réaliser à la main seule. (Source : 3Dnatives, Souffle Chaud)

En céramique, des ateliers comme Silly Cat Creations proposent des pièces issues de l’impression 3D céramique, avec finition et émaillage manuels. Le geste artisanal reste présent à chaque étape.

Par ailleurs, l’Université Paris Cité et le Campus Versailles ont ouvert un diplôme universitaire destiné aux artisans souhaitant se former à la fabrication additive — notamment dans les secteurs de la joaillerie et de l’horlogerie.

Ce que l’impression 3D change vraiment pour l’artisan

On ne cessera de la répéter, l’impression 3D n’est pas un remplacement des métiers d’artisanat. C’est un de leur outil de plus. Elle permet de tester des formes rapidement, de personnaliser sans surcoût, et d’ouvrir des possibilités géométriques que la main seule ne peut pas atteindre. Cependant, la finition reste souvent manuelle : polissage, émaillage, mise en couleur. Le geste artisanal ne disparaît pas — il se déplace.

En revanche, les délais changent radicalement. Chez SIOS, une commande personnalisée quitte l’atelier en moins de deux jours. C’est un avantage concurrentiel réel pour les artisans qui savent s’en emparer.


Pour aller + loin

Impression 3D et métiers d’art : dans les ateliers de l’Opéra National du Rhin

Comment fonctionne une imprimante 3D FDM ?

Nos formations en impression 3D

 

Prenez rendez-vous avec un conseiller